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La Voix de l'Est

Mardi, 13 Décembre 2011

"La Mie bretonne: les boulangers du village"

(Cowansville) Les bons ingrédients sont à la base des bons plats. Cette recette s'applique également en affaires: pour réussir, les partenaires doivent se compléter. C'est la philosophie d'Annie Huard-Langlois et de Jean-Sébastien Béraud, qui ont lancé avec succès en 2009 la boulangerie La Mie Bretonne au centre-ville de Cowansville.

À chacun ses talents et ses responsabilités, résume Mme Huard-Langlois. Cette grande brunette bachelière en administration et passionnée d'internet et des médias sociaux s'occupe de la comptabilité, du marketing, des relations avec les clients et les fournisseurs et tout ce qu'on peut associer à la gestion. Le Breton, lui, avec son savoir-faire de boulanger acquis dans les écoles professionnelles de l'Hexagone, plonge dans ses sacs de farine, manipule ses plaques de cuisson, règle son four et surveille attentivement ses oeuvres alors qu'elles prennent forme. «Ici, c'est moi le patron», assure-t-il en regardant autour de lui dans la cuisine de l'établissement. «Pour tout le reste, c'est Annie qui est la patronne», explique-t-il.

«À la maison aussi», ajoute-t-il d'un air taquin décoché à sa conjointe.

L'endroit parfait

On connaît l'histoire. C'est celle du Français qui débarque au Québec et tombe amoureux d'une fille de chez nous. Il prend femme et pays. Et dans ce cas-ci, les deux ouvrent une boulangerie. «On avait le rêve d'être les boulangers du village», affirme le Québécois d'adoption.

Cela dit, la dernière partie ne s'est pas passée aussi vite. Le couple s'est donné le temps de bien planifier son projet. Trouver la ville parfaite pour fonder la boulangerie a pris quelque temps. «On cherchait une ville d'au moins 10 000 habitants et qui n'avait pas de boulangerie», raconte la jeune entrepreneure. Ce n'est pas qu'ils fuyaient la compétition, assure-t-elle. Ils voulaient seulement être sûrs de leur coup.

Le couple cherche d'abord dans les Laurentides. Puis dans la région de Charlevoix. «On se promenait pas mal les week-ends pour découvrir des endroits», se rappelle Annie. Finalement, les deux se tournent du côté des Cantons-de-l'Est. Le nom de Cowansville émerge aussitôt des premières recherches effectuées sur internet. Une excursion s'organise. C'est le déclic. «C'est une très belle petite ville. C'est parfait ici», indique Jean-Sébastien Béraud, originaire de St-Malo. Notons d'ailleurs son sympathique petit look corsaire...

Tout s'est alors passé très vite. En mars 2009, les partenaires ont visité un local sur la rue du Sud. Quelques semaines plus tard, ils ont signé un bail pour le mois de juillet. Ils ont ensuite entamé des travaux pour aménager la place. L'ouverture s'est faite au mois d'août.

La Voix de l'Est - La Mie bretonne : les boulangers du village

 

La boulangerie est passée bien près de ne jamais ouvrir, souligne Mme Huard-Langlois. Alors qu'ils testaient des recettes, un petit feu s'est déclaré sous le four. L'arrivée rapide des pompiers a toutefois permis de limiter les dégâts au minimum.

Lors de l'intervention, Annie Huard-Langlois a eu un éclair-marketing. Elle a profité de la présence des nombreux badauds qui regardaient les sapeurs travailler pour faire la promotion de l'entreprise. Remplissant des plateaux de brioches, elle est sortie sur le trottoir et les leur a servies.

Les «Walmarteux»

Dès l'ouverture de la boulangerie, les clients ne se sont pas fait attendre. Les deux entrepreneurs avouent même avoir été un peu étonnés par cet achalandage. Ils avaient encore en mémoire quelques commentaires pessimistes lancés par des gens rencontrés alors qu'ils s'affairaient à préparer le local. «Ils nous ont dit de ne pas ouvrir, que ça ne fonctionnerait pas, que c'était une ville de "Walmarteux"», a dit Mme Huard-Langlois, en allusion à la grande popularité du magasin Walmart.

«On a eu des moments de découragement pendant les travaux», se souvient M. Béraud. «Mais on voit que ça fonctionne, que les gens veulent des produits de qualité.»

Deux ans après l'ouverture de la boulangerie, le chef des cuisines a noté plusieurs choses chez ses clients. Leur curiosité, par exemple. Si les pains et baguettes de farine blanche étaient les plus populaires au début, les habitués de la place réclament maintenant des mies avec du blé entier, des tournesols, du lin.

«On voit que les gens veulent mieux manger. On sent un engouement pour de nouveaux produits. Pas seulement pour les pains. On voit ça aussi pour le vin, les fromages. On est en pleine révolution alimentaire au Québec», estime M. Béraud.

Il n'y a pas que les Cowansvillois qui goûtent aux produits de La Mie Bretonne. Tous les jours, la PME livre des pains au restaurant L'Attelier Archibald et à la boulangerie Tartes et Clafoutis à Granby. On les retrouve aussi à l'épicerie fine Buon Gusto à Magog.

Annie Huard-Langlois et Jean-Sébastien Béraud souhaitent développer d'autres ententes avec des commerces de la région pour faire croître leur entreprise. Il faut dire que La Mie Bretonne est déjà entourée de plusieurs fournisseurs du coin; par exemple, toute la farine (biologique, svp!) qu'ils utilisent provient des Cantons-de-l'Est.

Michel Laliberté

Pour lire l'article en ligne

Journal La Voix de l'Est, Granby, Québec
Lundi, 12 décembre 2011

Des petites erreurs se glissent dans pratiquement chaque article, désolé nous n’avons aucun contrôle là-dessus…

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